Karma-animaux
En Angleterre, le révérend Andrew Linzey est titulaire de la première chaire mondiale de “théologie et protection des animaux”. Dans son plus récent livre Animal rite, cet anglican a élaboré toute une liturgie destinée aux animaux, l’équivalent des baptêmes et des obsèques pour humains. On y trouve même des oraisons à prononcer devant les abattoirs et les laboratoires.
“Nos compagnons animaux sont des individus à part entière”, affirme-t-il. Mais les animaux ont-ils une âme et peuvent-ils monter au ciel? Lindsay n’en doute pas :”Nous savons que cette créature, qui est morte sur terre, revivra au ciel »Cette conception d’une âme immortelle nous interpelle sur le destin des animaux. Possèdent-ils une âme, ou du moins, une étincelle divine liée à toutes les autres étincelles divines du monde? Plusieurs Eglises hésitent à répondre par l’affirmative car certaines se demandent encore si les femmes ou même les Noirs ont une âme.! Facile de nier l’existence d’un principe spirituel chez une entité vivante car cela permet son exploitation sans problèmes de conscience ou d’éthique. Notre planète dévastée par les guerres, les génocides et les holocaustes témoignent de cette folie dominatrice et sans âme. Mes chattes Radha et Jamuna, mon chien Yogi, me retrouveront-ils un jour, plus tard, dans une autre dimension, dans un autre lieu et peut-être même dans une autre enveloppe physique? La vie est si mystérieuse. Et le lien à nos compagnons-animaux si fort, comme les trames entremêlés d’un tissu vivant, comme si nous étions un et multiple à la fois. J’ai expérimenté cette tristesse, ce vague à l’âme lors de la mort d’un de mes animaux-compagnons. Confrontés à une telle perte, nous sommes le plus souvent en butte à l’hostilité ou même à la moquerie. Comme s’il était plus noble de pleurer sur la tombe d’un humain, comme si notre empathie ne devait s’adresser qu’à ceux ayant la même apparence physique que la nôtre. Pourtant, quand notre coeur est ouvert il l’est tout autant pour les animaux que pour les humains. La perte d’un être cher, qu’il soit à deux pattes, à plumes, à poils ou à écailles peut de la même façon nous briser le coeur. Par le passé, les gnostiques chrétiens ont expérimenté cette union avec tout ce qui vit. Ils s’abstenaient de chair animale, persuadés que nous sommes des voyageurs qui reviennent plusieurs fois sur les traces de leurs vies. Tous membres de la même famille, tous ayant déjà été père, mère, enfant, soeur ou frère. Dans le bouddhisme il existe une histoire ancienne plutôt comique qui rejoint cette idée d’interdépendance. La mère d’une femme était morte et avait pris renaissance dans le corps du chien de la maison. Son père était mort aussi. Il s’était réincarné dans celui d’un poisson nageant dans une rivière toute proche. Le fils de cette femme n’était autre que la réincarnation de l’ennemi qui, dans une vie antérieure, l’avait assassinée. Tenant tendrement ce fils dans ses bras, la femme mangeait la chair de son propre père devenu poisson, tandis que le chien de la maison, sa mère du passé, se régalait des restes du poisson, son ancien père. De plus, la femme donnait constamment des coups de pieds au chien, son ancienne mère, alors qu’elle berçait sur ses genoux, son propre ennemi du passé. En d’autres mots, pour démêler ces vies tournant sur la roue des existences, la femme mangeait la chair de son propre père, insultait le chien, sa mère, tenait tendrement dans ses bras son ennemi karmique, tandis que sa mère rognait les os de son père. Les croisières cosmiques sur cette planète nous réservent pas mal de surprises! Tout comme dans le bouddhisme, le jainisme a développé une vision qui englobe tous les êtres vivants. Existant depuis des millénaires, cette tradition spirituelle a fait de l’ahimsa - ou non-violence - son principe de base. Ne pas tuer, minimiser la violence inhérente à notre existence terrestre, respecter ces infinités d’âmes, sans formes, éternelles qui peuplent l’Univers et qui se débattent, comme nous, dans les méandres des renaissances, voilà l’ultime commandement. L’interdiction de chasse et la consommation de viande sont les conditions essentielles pour être un vrai jain et il est interdit d’entrer dans les temples avec des objets de cuir. Ces temples se situent toujours sur de très hauts sommets et il faut grimper des centaines d’escaliers pour atteindre la cime de ces monts sacrés. Ces panthéons touchant presque le ciel rappellent notre devoir de compassion envers toutes ces entités vivantes marchant dans le même labyrinthe, qu’elles soient humaines ou animales.
“La voie c’est le coeur" , car, qui sait si ce boeuf tué dans l’abattoir, ce singe de laboratoire, ce chien ou ce chat tant aimés furent peut-être dans une lointaine vie passée notre père ou notre frère ou notre mère ou notre soeur ou notre enfant .... http://marjolainejolicoeur.blogspirit.com/archive/2006/03/01/l’ame-des-animaux.html
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