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Ma journée
voici le texte d'Ingrid Newkirk pour le livre "Utopia Today-Reality Tomorrow"
dont Carine vient de faire la traduction (encore non vérifiée). Il paraîtra dans très longtemps dans les Cahiers,
semaines, que le voilà, kado :
Ma journée
Par ingrid Newkirk - Etats Unis
Aujourd’hui, l’ « Abattoir Remembrance Museum » (± Musée Mémorial des
Abattoirs) ouvrait ses portes. On m’avait demandé de prononcer
quelques mots à la cérémonie d’ouverture le matin. J’ai lu quelques
passages de mon livre à propos du travail de ma grand-mère à l’aube
du 21e siècle.
A notre entrée, j’ai remarqué un homme agitant une pancarte qui
disait « Saleté de menteurs ! ». C’est vraiment fatigant mais je ne
les laisserai pas m’arrêter.
Je continue de voyager pour lire les mots écrits par ma grand-mère
dans son méticuleux journal, bien que les opportunités et l’intérêt
pour cette industrie soient moins importants qu’il y a 20-30 ans.
Elle notait ses sentiments et ses pensées chaque fois qu’elle
rentrait d’une journée passée debout devant des plateformes
d’abattage dans l’Iowa et à New York, à regarder les grands yeux
apeurés des vaches.
Elle transcrivait chaque horreur en détail, des cris des poulets de
l’abattoir KFC[1] dans le Maryland qui sonnaient comme des appels à
l’aide ou bien la réprimande d’un chef de chaîne qu’elle avait
surpris jetant des poulets vivants contre le mur.
Une fois, marchant seule sur une passerelle, elle est tombée par
hasard sur des centaines de pattes de poulets tranchées qui avaient
été oubliées dans les caisses d’emballage sur les camions. Une autre
fois, elle écrivait combien l’odeur était « toujours celle de mort
récente ». Après un voyage à Taiwan, elle disait avoir toujours vu
chez les chiens errants « la même peur que celle constatée chez tous
les animaux prêts à être abattus », hurlant alors qu’on les attachait
pour les transformer en « soupe hivernale ».
Elle écrit : « Tous, du cochon au poulet, du mouton au chien ont le
même regard. C’est comme s’ils criaient en leur fort intérieur « Cela
ne peut pas m’arriver ! »
Oui, j’en ai assez d’être tournée en dérision et de m’entendre dire
que « j’invente » et que je « perpétue un mensonge ». Le mouvement de
négation des abattoirs est fort de nos jours. Mais, comme on le dit,
si l’Histoire nous a enseigné quelque chose, c’est que les gens ne
tirent pas de leçons de l’Histoire. Ceux d’entre nous qui connaissent
les horreurs du passé et les injustices profondes doivent maintenir
ces souvenirs en vie. Nous devons aussi être vigilants, toujours à
l’affût des premiers signes, des premières agitations, des
avertissements d’une autre atrocité qui bien qu’incroyable après
coup, peut s’enraciner et être facilement acceptée par les masses.
Les gens sont bizarres. Mes pensées ne se concentrent pas sur ces
gens qui, aujourd’hui, souhaitent croire ou souhaitent que les autres
croient que d’autres être humains n’ont pas commis ces atrocités
envers des animaux. Mes pensées se tournent vers les gens du passé :
ceux qui ont commis ces crimes et ceux qui les ont indirectement
soutenus, parfois de façon anodine, en payant les bouchers ; ceux qui
ont combattu pour arrêter le massacre ; et ceux qui n’ont rien fait
pour accélérer l’ouverture de ce musée. Je me demande ce que j’aurais
fait.
Qu’aurais-je fait ?
[1] KFC : Kentucky Fried Chicken. Chaîne de restauration rapide
proposant des plats à base de poulet. Site internet : www.kfc.fr
ethiquanimal@yahoogroupes.fr
Par ingrid Newkirk - Etats Unis
Aujourd’hui, l’ « Abattoir Remembrance Museum » (± Musée Mémorial des
Abattoirs) ouvrait ses portes. On m’avait demandé de prononcer
quelques mots à la cérémonie d’ouverture le matin. J’ai lu quelques
passages de mon livre à propos du travail de ma grand-mère à l’aube
du 21e siècle.
A notre entrée, j’ai remarqué un homme agitant une pancarte qui
disait « Saleté de menteurs ! ». C’est vraiment fatigant mais je ne
les laisserai pas m’arrêter.
Je continue de voyager pour lire les mots écrits par ma grand-mère
dans son méticuleux journal, bien que les opportunités et l’intérêt
pour cette industrie soient moins importants qu’il y a 20-30 ans.
Elle notait ses sentiments et ses pensées chaque fois qu’elle
rentrait d’une journée passée debout devant des plateformes
d’abattage dans l’Iowa et à New York, à regarder les grands yeux
apeurés des vaches.
Elle transcrivait chaque horreur en détail, des cris des poulets de
l’abattoir KFC[1] dans le Maryland qui sonnaient comme des appels à
l’aide ou bien la réprimande d’un chef de chaîne qu’elle avait
surpris jetant des poulets vivants contre le mur.
Une fois, marchant seule sur une passerelle, elle est tombée par
hasard sur des centaines de pattes de poulets tranchées qui avaient
été oubliées dans les caisses d’emballage sur les camions. Une autre
fois, elle écrivait combien l’odeur était « toujours celle de mort
récente ». Après un voyage à Taiwan, elle disait avoir toujours vu
chez les chiens errants « la même peur que celle constatée chez tous
les animaux prêts à être abattus », hurlant alors qu’on les attachait
pour les transformer en « soupe hivernale ».
Elle écrit : « Tous, du cochon au poulet, du mouton au chien ont le
même regard. C’est comme s’ils criaient en leur fort intérieur « Cela
ne peut pas m’arriver ! »
Oui, j’en ai assez d’être tournée en dérision et de m’entendre dire
que « j’invente » et que je « perpétue un mensonge ». Le mouvement de
négation des abattoirs est fort de nos jours. Mais, comme on le dit,
si l’Histoire nous a enseigné quelque chose, c’est que les gens ne
tirent pas de leçons de l’Histoire. Ceux d’entre nous qui connaissent
les horreurs du passé et les injustices profondes doivent maintenir
ces souvenirs en vie. Nous devons aussi être vigilants, toujours à
l’affût des premiers signes, des premières agitations, des
avertissements d’une autre atrocité qui bien qu’incroyable après
coup, peut s’enraciner et être facilement acceptée par les masses.
Les gens sont bizarres. Mes pensées ne se concentrent pas sur ces
gens qui, aujourd’hui, souhaitent croire ou souhaitent que les autres
croient que d’autres être humains n’ont pas commis ces atrocités
envers des animaux. Mes pensées se tournent vers les gens du passé :
ceux qui ont commis ces crimes et ceux qui les ont indirectement
soutenus, parfois de façon anodine, en payant les bouchers ; ceux qui
ont combattu pour arrêter le massacre ; et ceux qui n’ont rien fait
pour accélérer l’ouverture de ce musée. Je me demande ce que j’aurais
fait.
Qu’aurais-je fait ?
[1] KFC : Kentucky Fried Chicken. Chaîne de restauration rapide
proposant des plats à base de poulet. Site internet : www.kfc.fr
ethiquanimal@yahoogroupes.fr