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L'industrie de la viande menace-t-elle le monde ?

Un livre saignant intitulé «Bidoche» pose un réquisitoire virulent contre l¿industrie de la viande

Ce terrible témoignage à charge sur une industrie qui conduit en France, selon l’auteur Fabrice Nicolino, chaque année, un milliard d’animaux à la mort.

Mais la question du livre dépasse nettement les questions morales ou éthiques : le modèle alimentaire basé sur la consommation de viande est-il viable ?

Que ce soit sur un plan éthique, moral, mais surtout environnemental ou de santé publique, peut-on continuer à développer la consommation de viande, tant en France que dans le monde ?

Pour l’auteur de «Bidoche », le journaliste Fabrice Nicolino, la réponse est bien sur négative. Nous lui avons demandé pourquoi.

-Dans votre livre vous mettez en cause l’industrie de la viande. Quel est le principal danger de cette industrie ?

Réponse difficile. Il s’agit d’un enchevêtrement de causes et d’effets qui, partant de notre assiette, mènent au problème de la faim et au dérèglement climatique, en passant par de graves questions de santé publique. J’ajoute que j’ai dédié ce livre « aux animaux morts sans avoir vécu ». Ce dimension n’est pas la moindre : nous avons rompu un lien plurimillénaire en transformant des êtres vivants et sensibles en simples objets. Je suis convaincu que la psyché humaine s’en trouve modifiée.





-Au delà de cette question, quels sont les risques liés à la consommation et à la production de viande ?

Sur le plan de la santé, de très nombreuses études, publiées dans les meilleures revues scientifiques – celles qui disposent de comités de lecture – prouvent des liens entre consommation de viande et maladies telles que l’obésité, le diabète, le cholestérol, les maladies cardiovasculaires dans leur ensemble et même, il faut bien l’écrire, certains cancers. Bien entendu, il n’est pas question de faire de la viande une sorte de poison universel, mais la fameuse « étude chinoise » menée par le professeur Campbell en Chine d’une part et aux Etats-Unis d’autre part, montre sans détour qu’une alimentation qui privilégié les végétaux permet d’éviter en bonne part un grand nombre des maladies qui explosent dans les pays développés. Je rappelle que Campbell est considéré comme l’un des plus grands nutritionnistes vivants. Sa réputation est mondiale.



-Mais dans votre livre vous évoquez notamment les risques environnementaux. Avec les chiffres que vous donnez, les initiatives gouvernementales comme la taxe carbone ne ratent-elles pas leur cible ?

La taxe carbone, qu’on me pardonne, est ridicule. En effet, l’élevage représente à lui seul, selon un rapport de la FAO paru en 2006, 18 % des émissions de gaz à effet de serre dues à l’homme. Soit plus que la totalité des transports : voitures, avions et bateaux. Le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique serait de diminuer de moitié notre consommation de viande. Et le plus tôt possible !

-Vous donnez un exemple précis en parlant de "krach écologique" en Bretagne.

C’est désormais, selon moi, une évidence. Le « miracle économique » tant vanté dans les années 70 s’est changé en cauchemar. En faisant de la Bretagne une gigantesque usine à lait et à viande, on a créé des problèmes de pollution qui sont, pour l’heure, hors de contrôle. Des centaines de millions d’euros d’argent public ont été dépensés, en vain, pour limiter la pollution des eaux. Les marées vertes ne pourront disparaître sans changement du système agricole.



-Vous évoquez aussi les OGM et la déforestation.

Sans soja transgénique produit en Amérique latine, et importé à grand frais en Europe, il n'y aurait plus d’élevage. C’est aussi simple que cela : l’alimentation animale repose sur cette production. Chaque Français a « besoin » de 659 m2 de soja transgénique planté en Amérique tropicale pour satisfaire nos besoins colossaux en viande.



-Vous évoquez aussi des dangers en matière de santé et mettez en cause l’objectivité de l’information disponible sur ce secteur

Qui peut croire qu’une viande farcie d’hormones, d’antibiotiques, de tranquillisants, de stimulateurs d’appétit peut être bonne pour notre santé. Comme il est de plus en plus clair qu’il y a danger, les intérêts industriels mis en cause se défendent à l’aide d’un lobby très puissant que je décris précisément dans mon livre.



-Où va cette industrie dans le cadre de la mondialisation des

habitudes alimentaires ?

Dans un mur qui se rapproche vivement. L’animal domestique industrialisé a un rendement énergétique déplorable. Il faut entre 7 à 9 protéines végétales pour obtenir une protéine animale. En clair, il faut de très grosses quantités de céréales, produites ici ou importées, pour nourrir notre cheptel. Or, dans certains pays dits émergents – l’Inde, et surtout la Chine -, des centaines de millions de personnes disposent désormais des moyens économiques de consommer de la viande. La demande explose, mais les terres agricoles qui permettraient de nourrir un cheptel lui aussi en pleine explosion, n’existent pas. Alors, comment nourrira-t-on 9 milliards d’humains en 2050 ? Avec de la viande ? C’est impossible.

-Vous établissez un constat très noir mais cette industrie n’a-t-elle pas fait progresser le niveau de vie des citoyens tant producteurs que consommateurs ?

Mais qu’est donc un niveau de vie ? À l’heure où notre gouvernement souhaite créer un nouvel indice de la richesse qui inclut notamment les pertes écologiques, ne faut-il pas s’interroger ?

-Ne voulez-vous pas réserver la viande aux plus riches ?

Ah sûrement pas ! Je pense que nous devons commencer ici à diminuer massivement notre consommation de viande. Tout de suite ! C’est le seul moyen de convaincre le Sud de ne pas répéter nos si lourdes erreurs.

-Certains pays que vous dénoncez comme le Brésil où l’Argentine n’en ont-ils pas profité ?

Mais qui en profite ? De grosses entreprises proches des pouvoirs en place. Des filiales de transnationales comme Cargill ou Monsanto. Pour le reste, l’exportation de soja – et de viande, pour ce qui concerne l’Argentine – est une catastrophe pour l’agriculture vivrière, celle qui nourrit les peuples.

-Le bio est il une solution ?

Peut-être. La FAO a réuni en mai 2007, à Rome, un colloque international révélateur de l’évolution des esprits. Pour la toute première fois, des experts venus du monde entier ont conclu que l’agriculture bio était susceptible de nourrir toute la planète à un coût écologique bien moindre que celui de l’agriculture industrielle. Dans tous les cas, l’avenir est à un élevage de qualité, économe en eau, qui redécouvrirait le lien avec le territoire d’une ferme. Et abandonnerait donc les pratiques hors-sol.



-Êtes vous végétarien ? Est-ce un combat moral ou politique de votre part ?

Je ne suis pas végétarien. J’ai mangé beaucoup de viande, j’en mange désormais très peu, pour la raison que j’ai changé de regard sur les animaux et leur élevage. Oui, mon combat est écologique et moral, bien avant que d’être politique.



-Quelles sont les solutions ? Vous évoquez le prix nobel indien Rajendra Pachauri.

Pachauri le dit, et je ne fais que répéter : mangeons moins de viande. Beaucoup moins de viande. Tous.

J. Bousquet
on June 10 2010

Toutes mes félicitations ! Je vous accompagne dans cette démarche. Comme d'habitude les "matérialistes" racontent n'importe quoi. La consommation de chair animale est nuisible pour l'homme car on consomme de l'information ! Il n'y a pas de carences sauf en cas de pathologie, les travaux de L. Kervran (Transmutations biologique à basse énergie) bien trop méconnus, montrent que le corps peut fabriquer ce dont il besoin. Végétarienne depuis plus de 30 ans je n'ai jamais pris un seul complément !

Nous allons devoir sortir de la barbarie non par compassion (hélas) mais par égoïsme ! La survie d'une partie de l'humanité est à ce prix.

La reconnaissance de l'existence des champs informationnels va nous y aider : la conscience est UNE, il n'ya pas de séparation entre tout ce qui existe dans l'univers !!!

Tous mes vœux vous accompagnent, excellente journée

jb

Agnes Piller
on June 10 2010
Bonjour,

Militante en faveur de la protection et la défense du patrimoine naturel et culturel des Générations A Venir, j'ai pu, comme tout individu ayant poussé un peu ses recherches et réflexions abouti à la conclusion que la diminution, dans un premier temps, mais peut-être la suppression pure et simple des protéines animales dans nos assiettes était "une solution locale pour un désordre global" accessible à tous ici et maintenant, en particulier dans le cadre des repas de la restauration collective. Pour avoir effectué des formations à la cuisine de collectivité bio, je peux affirmer que cette question de la viande est le nœud du problème. En sachant que le PNNS recommande officiellement et la consommation d'une à deux protéines animales par jour! Dans ce contexte, aucun directeur d'établissement scolaire, d'institution médicale, ou de maison de retraite ne s'avise de transgresser ces recommandations sans avoir à rendre des comptes aux parents, et à la DDASS. Dans ce contexte, je souhaite participer à l'organisation d'un évènement national, colloque ou conférence, dont l'objectif sera de reconnaitre OFFICIELLEMENT l'avancée des connaissances scientifiques qui nous permettent d'affirmer: 1) Seule une alimentation naturelle est facteur de santé pour l'Homme et la planète 2) Les protéines végétales correctement associés contiennent tous les acides aminés nécessaires à la vie. La présence de Mme Jacqueline Bousquet à cet événement me semble incontournable. Je lance ici un appel à tous ceux et celles qui d'une manière ou d'une autre pourront collaborer à cette action décisive à une évolution solidaire et fraternelle des "générations A Venir" http://generationavenir.e-monsite.com/
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