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Le pôle Nord n'a pas toujours été glacial

Cela devrait permettre de conforter les travaux de Louis Boutard. Le magnétisme génère du froid donc le pôle n'a pas toujours été magnétique ! aujourd'hui le pôle magnétique quitte le pôle nord donc la glace fond

Le pôle Nord n'a pas toujours été glacial

Caroline de Malet
01 juin 2006, (Rubrique Sciences & Médecine)


Un forage en Arctique a permis de mieux éclairer le climat du passé. Surprise : il y a 55 millions d'années, la température de l'océan Arctique était de 23 °C.
 
C'EST UNE PREMIÈRE ! Jamais une telle campagne de forage profond n'avait été réalisée en Arctique. Et les résultats sont à la hauteur des espérances. Peut-on imaginer qu'il y a 55 millions d'années, le pôle Nord a connu un climat subtropical ? C'est pourtant ce que viennent de démontrer trois équipes de chercheurs, dont deux hollandaises, qui publient leurs travaux aujourd'hui dans la revue Nature*.
 
Carotte sédimentaire
 
Au-delà de ces résultats, il faut en tout premier lieu saluer la performance technique de la campagne de forage qui a permis d'aboutir à ces conclusions. L'Integrated Ocean Drilling Program (IODP), un programme de recherches sous-marines international fondé en 2003 et soutenu par vingt pays, est à l'origine de cette campagne de forage sans précédent menée à l'automne dernier sur la dorsale de Lomonosov, à quelque 230 kilomètres du pôle Nord. Véritable prouesse, l'extraction d'une carotte sédimentaire de 430 mètres, dans 1 000 mètres d'eau, n'a été possible que grâce à l'intervention de trois brise-glace : le Vidar Viking, équipé d'une plate-forme de forage flottante, ainsi que l'Oden et le Sovietsky Soyuz, qui lui ouvraient la voie. Et ce, alors que l'océan Arctique était recouvert d'une couche de deux à quatre mètres de glace. C'est cette carotte qui a permis de reconstituer l'histoire, relativement mal connue, du climat de l'Arctique depuis 55 millions d'années.
 
L'équipe menée par Appy Sluijs, de l'Institut de biologie environnementale d'Utrecht, met en évidence un épisode climatique baptisé «Paléocène/Eocène maximum thermique». Alors que l'océan Arctique connaissait il y a 55 millions d'années une température en surface de 18 °C, celle-ci est passée à 23 °C au cours de cet épisode et le niveau des mers a augmenté. Ce phénomène, qui a été observé en d'autres points du globe, est habituellement expliqué par des dégazages de bulles de méthane piégées dans les fonds marins. Mais la hausse du niveau de CO2, constatée par les chercheurs dans les carottes de sédiments, a atteint alors pas moins de 2 000 parties par million, soit dix fois le niveau au début de la révolution industrielle. Une concentration qui ne suffit pas à expliquer totalement un tel bond des températures. C'est en effet 10 °C de plus que n'avaient prévu les modèles climatiques. Aussi les scientifiques émettent-ils l'hypothèse que d'autres mécanismes, tels que les nuages stratosphériques ou les ouragans, ont pu jouer un rôle additionnel dans ce processus.
 
Après cet épisode, l'océan Arctique a connu une période de refroidissement jusqu'à il y a 25 millions d'années. Entre 49 et 48,3 millions d'années, alors que la température de l'eau était d'environ 10 °C, on a vu y fleurir des fougères aquatiques appelées azolla, qui se développent aujourd'hui uniquement dans les eaux très peu salées, affirme une autre équipe dirigée par Henk Brinkhuis. Laquelle met en évidence le lien entre la hausse de la salinité et la hausse des températures, ainsi que les faibles échanges avec les autres océans.
 
Pourtant, on constate un décalage entre la glaciation au pôle Nord et au pôle Sud d'une dizaine de millions d'années. L'équipe de Kathryn Moran, de l'Université de Rhode Island, apporte la solution à cette énigme. En mettant en évidence la présence des premiers débris de glace datant de 45 millions d'années, soit à peu près en même temps qu'en Antarctique, ses travaux montrent que le refroidissement de l'océan Arctique est antérieur à ce que l'on pensait.
 
Ce parallélisme n'est pas anodin. Comme l'analyse Heather Stoll, chercheur au Williams College du Massachusetts, dans un article de la même revue Nature, il «accrédite l'idée que des changements de la teneur en CO2 dans l'atmosphère ont été les moteurs principaux de la glaciation aux deux hémisphères». Autant d'éclairages nouveaux sur l'évolution climatique de l'Arctique. Mais des zones d'ombre subsistent, notamment sur les périodes plus récentes, les sédiments les moins profonds n'ayant pas encore livré tous leurs secrets. «Nous devons encore expliquer pourquoi la glaciation s'est accélérée autour de 14 millions et, plus encore, de 3 millions d'années», lance Heather Stoll. Ainsi que le rôle éventuel d'autres facteurs que le CO2 pour expliquer la brutale hausse des températures d'il y a 55 millions d'années. Et de conclure qu'il y a là matière à «un challenge particulier pour les spécialistes de la modélisation du climat».
 
n * Nature, 1er juin 2006.
 
 
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