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DE L'INTEGRATION DU MONDE MUSULMAN

L'erreur gravissime de nos politiques et le langage unique et non réaliste des Médias.

Il y a 90 ans, à quelques mois près, le Père Charles de Foucaud était assassiné (le 1.12.1916) à Tamanrasset, dans des conditions restées peu précises. Dans la lettre ci-après, il donne le condensé de ses observations du monde musulman et de ses possibilités d'intégration dans la France de l'époque. Ces observations restent d'une brûlante actualité et semblent être parfaitement ignorées tant du monde politique que des médias sous tutelle du "rigoureusement correct".

Lettre du père Charles de Foucaud à René Bazin de l'Académie Française le 29 juillet 1916

"Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruites à la française, sans avoir l'esprit ni le coeur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle.

Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant. L'empire Nord-Ouest-Africain de la France Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique Occidentale française, etc..., a 30 millions d'habitants; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompu au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles.

Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens. Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par la force mais tendrement, dicrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à la prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout des laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?

Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent; avec certains il y a des accomodements; avec l'un, celui du 'medhi', il n'y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du jugement dernier le 'medhi' surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué touts les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti; la sagesse l'engage à subir avec calme son épreuve; "l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération", disent-ils; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du 'medhi', en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demnder la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du 'medhi'..."
PhB
on Oct. 1 2006
PhB :

Ce premier texte est à replacer dans sa période : il y a 90 ans. Charles de Foucaud était en bascule entre un monde musulman totalement ignoré par les français et un esprit colonisateur où le catholicisme était 'la vérité' que l'occident était en devoir de répandre.

Ses observations sur les traditions musulmanes, ne pouvaient pas être appréciées des français, persuadés qu'il étaient - et peut-être le sont-ils toujours - de détenir la 'vérité'.

Il ne s'agit pas là de savoir qui a raison ou qui a tort, mais de constater des fonctionnements psychologiques qui déterminent ensuite, des affrontements meurtriers relayés par des intérêts matériels à peine dissimulés.
ishtar - on Oct. 1 2006
PhB :

bonjour mr Heber,

oui...j'entends bien c'était juste pour souligner qu'il n'y avait eu aucun "progrés" de ce côté là et que je trouve cela plutôt préoccupant pour le bien de tous, les "processus" décrits sont toujours d'actualité ...peut-être en pire sans vouloir être alarmiste ,et cela d'un côté comme de l'autre.

amicalement, ishtar

ishtar
on Sep. 30 2006
Bonjour puis je me permettre d'emettre un avis? car je trouve que ce sujet est vraiment d'actualité et préoccupant.

Mon premier reflexe : je trouve ce premier texte certes juste sous certains aspects mais révoltant.

Que la conclusion soit que les musulmans sont tous des fanatiques et qu'il faut nous le tenir pour dit n'est je trouve qu'une grosse mascarade de personnes qui n'osent pas se regarder dans un miroir...

dans l'absolu (et en allant au plus simple) il serait ideal de comprendre que les frontiéres ne sont que des lignes imaginaires sur un bout de papier et que la différence n'est pas forcément synonyme d'agression

mais nous ne sommes pas l'absolu ,nous sommes dans le vécu et il est bien différent

un homme qui se sait respecté ne nourrit pas de rage en son coeur

et où est le respect quand à longueur de journeaux télé ou autres une communauté est traitée de terroriste et fanatique?

allons, soyons honnête ,notre société française(pour ne parler que de ce que je connais) reste dans des à -prioris , dans un état d'esprit sectaire et dominateur.

Nous voulons tout simplement imposer notre façon de vivre et de pensée , sous pretexte que nous sommes "chez nous"

non que je dise que la "façon de penser" est meilleure d'un côté ou de l'autre , ce qui coince c'est bien la nature humaine à la base qui apparement n'a pas évolué depuis bien longtemps

tout ça pour rappeller que les efforts pour une intégration quelconque doivent venir des deux côtés à part égale

Quand on invite une personne à dîner , on respecte ses goûts culinaires ,on l'acceuille avec le sourire et on lui dit des choses aimables , l'invité quand à lui remercie ,complimente son hôte

c'est de la façon dont on reçoit les gens que l'on fait une reussite de cet échange

nous sommes de mauvais hôtes sous plein d'aspects différents et armés de beaucoup d'excuses fallacieuses (comme par exemple le fait de dire que l'on n'a pas invité ces personnes ::) )

les politiques ont bon dos , ils ne font que récupérer les miettes qu'on leur sert sur un plateau

alors avant d'attendre de nos dirigeants quoique ce soit ,il faudrait se rappeller tous les jours que les acteurs principaux de cet enjeux politique et social c'est vous , c'est moi , à chacun de prendre ses responsabilités en son âme et conscience , bien sûr c'est plus dur quand on les laisse au vestiaire...

amicalement , ishtar
PhB
on Sep. 29 2006
Cirdec :

Bonjour Cedric,

Les observations que tu fais sont tout à fait justifiées. Une situation a toujours de multiples ramifications.

Pour revenir au monde arabe/musulman, les traditions fonctionnent de la même façon que la description remarquable de Véronique sur la façon dont s'impriment des schémas inconscients. A cette différence qu'il s'agit là de l'inconscient collectif.

Vouloir faire comme si cet inconscient n'existait pas est dangereux : un problème ignoré ne peut être résolu, mais cela ne l'empêche pas de fonctionner.

PhB

de Villers Grand-Champs Cédric
on Sep. 27 2006
PhB :

Je trouve ta réflexion très intéressanteet je me suis donc posé certaines questions.

J’ai cependant le sentiment que nous sommes en grande partie responsable de les avoir enfermés dans un ghetto, refusant la richesse des différences comme étant un atout de communication, de cohabitation.

La question du « mehdi » est pour ma part, plus politique que religieuse et découle d’une interprétation coranique déviationniste manipulatoire.

Par contre, si nous mettions en avant, le fait que le monde arabe nous a apporté : la géométrie, les mathématiques, les lumières…, n’aurions nous pas déjà un meilleur terrain de respect mutuel… ? Moins d’hostilité… ?

D'autre part, demander à un musulman de gommer toute apparence religieuse, alors que les références religieuses chrétiennes transpirent, au sein d’une hypothétique laïcité républicaine, me semble être d’une exigence disproportionnée.

Je te cite : «…certaines attitudes d'arrogance et de mépris bien souvent rencontré chez des arabes vis-à-vis des français… ». D’accord ! Mais n’est-ce pas lié au fait de les avoir enfermés dans un ghetto ?

N’oublions pas que ces mêmes « arabes » sont aussi « français » pour la plupart !

Bien amicalement

Cédric




Pour l'homme, c'est le temps qui passe. Pour le temps, c'est l'homme qui passe.

Proverbe chinois
PhB
on Sep. 25 2006
Bonjour Cédric,

Je conçois parfaitement que d'autres personnes aient eu une approche différente de l'influence qu'a pu avoir Charles de Foucaud, tant sur le monde arabe du moment que sur la vision que les français en avaient.

Ce qui m'a paru surprenant c'est l'importance du "medhi" qui pour moi a été éclairant sur certaines attitudes d'arrogance et de mépris bien souvent rencontré chez des arabes vis-à-vis des français.

Je veux dire par là que les traditions d'un pays ou d'une religion se manifestent bien au delà de la géographie et d'une génération. Pour preuve, la tradition catholique de la France qui transparait dans l'expression de sa laïcité, même chez des gens qui ont abandonné depuis longtemps toute référence religieuse.

PhB

de Villers Grand-Champs Cédric
on Aug. 21 2006
Bonsoir Philippe, bonsoir à toutes et à tous,

Voici un autre aspect du problème que l'on peut approcher au travers de cet extrait.
Je conseillerais à tous de consulter le contenu de l'article "Charles de Foucauld face aux Touaregs" et dont le lien est le suivant:
http://terrain.revues.org/document3167.html#ftn1

Bonne lecture
Cédric

La machoire du marabout

Voilà donc Foucauld installé à Tamanrasset, au milieu d'hommes hostiles et qui le tiennent pour un païen. Moins méfiant que les siens, Moussa agg Amastan a cependant perçu que ce moine avait un statut particulier et, dès la fin d'octobre 1905, il vient lui demander conseil sur ce qu'il doit dire à Laperrine. Il n'en faut pas plus pour qu'un biographe fasse de Foucauld le « directeur spirituel » des Touaregs et le « conseiller intime » de Moussa (Carrouges 1954 : 221 et 224). Tel était bien le souhait de Laperrine, lorsqu'il écrivait au capitaine Regnault le 19 février 1904 : « Je rêve d'en faire le premier curé du Hoggar, chapelain de Moussa. » Tout en ajoutant – apprivoisement oblige – qu'il préférerait « l'avoir loin de nous, qu'on s'habitue à le voir sans baïonnette autour » (Lehuraux 1944 : 61). C'était oublier que, comme Massignon et Kergoat l'ont souligné, Moussa avait déjà un maître spirituel, en la personne du lettré kounta Cheïkh Baye, qui l'avait converti comme l'abbé Huvelin avait converti Foucauld (Massignon 1963 : 776 ; Kergoat 1988 : 95 sqq.).

Faut-il donc en déduire qu'entre l'ermite et l'amenoukal le malentendu a été total, et accréditer l'image d'un Foucauld prêchant, un peu ridicule, un homme dont l'opinion était déjà faite ? On pourrait conclure là-dessus, et mettre le cas Foucauld, après Cook et bien d'autres, au répertoire de l'incompréhension interculturelle. L'intérêt du personnage est précisément que son cas n'est pas si simple. Examinons en effet ce que les Touaregs ont dit, non plus seulement des Français en général, mais de Foucauld lui-même. Nous disposons pour cela de deux sortes de documents : les déclarations qu'ils ont faites à des tiers, et les lettres qu'ils lui ont écrites.

On doit être très prudent vis-à-vis de toutes les opinions recueillies par des Français ou des agents de la France, car il n'est que trop probable que les personnes interrogées disaient ce qu'on attendait d'elles. C'est ainsi que Dassin oult Ihemma, la sœur d'Akhamouk, a fait en 1933 au capitaine Lucchetti, chef de l'annexe du Hoggar, une déclaration ainsi reproduite : « Aimé de tous les Touaregs, le souvenir du "Marabout" [...] ne périra qu'avec notre dernier souffle [...], c'est un homme qui n'a fait que du bien à notre population et certainement doit être monté droit au ciel depuis le jour où Dieu l'a rappelé vers Lui » (Lesourd 1933 : 158, note 1). Il y a certes lieu de croire que Dassin estimait Foucauld mais, convoquée au bureau du capitaine, pouvait-elle dire autre chose ?

De même, on ne sait trop que penser des propos de Yaya Boutamène, Arabe algérien ayant servi comme interprète dans l'armée française, lorsqu'il rapporte qu'en 1923 les Touaregs gardaient de Foucauld le souvenir d'un homme vivant « très humblement, mangeant ce que mangent les Touaregs, s'habillant comme eux, à l'exception du voile, mais laissant involontairement apparaître, par sa seule distinction naturelle, qu'il était issu d'une des plus nobles familles de France » (Boutamène 1946 : 74). Le métier d'ethnologue serait une sinécure s'il était si facile de discerner ce qui définit la distinction dans une culture dont on ne sait rien. En réalité, malveillante dans les récits hagiographiques de l'assassinat de Foucauld, bienveillante ici, c'est toujours la même inclination à penser à la place de l'autre qu'on retrouve. L'auteur, francophone et très francophile, a attribué aux Touaregs sa propre admiration pour la culture française et mis dans leur bouche ce qui, au moment où il écrit, est devenu le portrait officiel du Père dans l'hagiographie coloniale.

Moins suspecte, parce que moins hagiographique, paraît l'anecdote rapportée par Laperrine : « Les adolescents et enfants touaregs [...] sont absolument en confiance avec lui [...] c'est ainsi qu'en l'honneur des incisives absentes du Père ils ont baptisé "la Mâchoire du marabout" une crête rocheuse au milieu de laquelle se trouve une brèche remarquable, que la légende attribue au coup de sabre d'un géant » (Laperrine 1948 : 150). Voilà qui n'est guère révérencieux, mais témoigne à sa manière d'une familiarité plutôt amicale. De même, je crois le docteur Hérisson véridique lorsqu'il affirme que les Touaregs en parlaient comme d'un homme connaissant leur langue mieux qu'eux-mêmes (cité par Bazin 1921 : 386), ne serait-ce que parce que j'ai entendu dire la même chose d'un ethnologue qui ne la parle certainement pas aussi bien que Foucauld. On peut citer aussi le témoignage de Maladou, une femme des Dag-Ghali morte il y a quelques années. Elle n'avait plus dans son vieil âge que deux souvenirs au sujet de l'ermite (Pandolfi, in litt., 18. 11. 1995) : le tricot, qu'il avait entrepris d'enseigner aux femmes et aux jeunes gens, et la panique des Dag-Ghali après son assassinat – tous s'étaient alors enfuis vers la montagne, dans la crainte des représailles de l'armée française. Autant de témoignages qui permettent de reconstituer ce qu'a dû être l'image, assez éloignée de l'icône consacrée mais présentant tout de même quelques ressemblances avec elle, que la plupart des Touaregs se sont faite de Foucauld : un homme au visage marqué par les privations et les jeûnes, soucieux dans les petits détails de ce qui pourrait améliorer leur vie matérielle, ayant fait l'effort d'apprendre leur langue, et dont on savait que les militaires tenaient à lui.

Car le fait est là. Quelque sympathie qu'ils aient eue pour lui, ils le savaient protégé par une armée d'occupation, et citoyen d'une nation païenne. Ambivalence de sentiments qu'on retrouve bien dans un témoignage recueilli là encore par Laperrine (1948 : 154 ; voir aussi Hérisson 1937 : 186) : « Une femme noble du Hoggar, qui a voué une profonde reconnaissance au Père de Foucauld depuis qu'il a sauvé ses cinq petits enfants de la famine de 1907, me disait un jour : "Combien c'est terrible de penser qu'un homme si bon ira en enfer à sa mort parce qu'il n'est pas musulman." Et elle m'avoua qu'elle et beaucoup de ses compagnes priaient Allah chaque jour pour que le marabout devienne musulman. » Dans un chassé-croisé d'incompréhension, s'ils n'en étaient plus comme Elou ag Boukheida à le confondre dans la même malédiction que les autres païens de la colonne Dinaux, les « pauvres musulmans du Sahara» pour la conversion desquels il ne cessait de prier gémissaient de le savoir promis à la damnation.




Pour l'homme, c'est le temps qui passe. Pour le temps, c'est l'homme qui passe.

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