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«Ces chiens sont des esclaves!» Klaus Petrus

Un professeur bernois provoque un tollé par son fanatisme animalier. Klaus Petrus enseigne la philosophie, mais il passe ses loisirs à défendre les organisations terroristes de défense des animaux et à démolir le travail des dresseurs de chiens d'aveugles. Réactions

Professeur de philosophie à l'Université de Berne, bénéficiaire du Fonds national pour la recherche scientifique, Klaus Petrus fait partie des grosses têtes dont l'influence n'est pas négligeable dans le monde académique. Mais l'homme de lettres présente aussi un autre visage: celui d'un défenseur fanatique de la cause animale prêt à comparer le sort des chiens d'aveugles à celui des esclaves noirs. Sa sympathie pour les organisations extrémistes comme l'ALF (Front de libération animale) est aussi contestée. Bref résumé de son credo en quatre points: Animaux domestiques
Le droit de l'animal ne permet, selon le professeur bernois, aucune entorse. Même les animaux de compagnie sont à bannir définitivement à terme de notre univers. Une action qui doit se dérouler progressivement à cause des responsabilités que nous avons envers les animaux. Il ne s'agit donc pas de jeter à la rue du jour au lendemain chiens, chats et hamsters au risque de provoquer une hécatombe mais de commencer à se libérer des animaux domestiques progressivement. «Un bon début, souligne le défenseur des bêtes, passerait par l'abandon de toute forme d'élevage.»Veaux, vaches, cochons, couvée Des catégories animales qui n'existent que parce que l'homme les a
sélectionnées pour en faire des fournisseurs de viande, de lait et d'oeufs. Le respect de l'animal passe par l'arrêt de toute forme d'élevage. Mais les actions à mener pour la défense de la cause animale doivent commencer là où un écho est possible dans l'opinion publique: les cirques, les corridas, le foie gras. Klaus Petrus en appelle à la responsabilité individuelle de chacun pour boycotter les produits d'origine animale. L'une des solutions proposées: devenir végétalien et refuser de porter du cuir et de la laine.

Chiens d'aveugles
L'existence des chiens guides de handicapés de la vue est comparable à celle vécue par les esclaves noirs, a-t-il confié dans L' Hebdo. Des bêtes sélectionnées dans le seul but de servir l'homme. «Nous considérons les animaux comme des ressources qui sont simplement à notre disposition, nous pouvons les acheter, les vendre, comme bon nous semble.» Klaus Petrus rêve d'un monde où nous nous préoccuperions du sort des animaux sans qu'ils remplissent des obligations envers le genre humain. «La conséquence ultime de ma réflexion, c'est qu'il faut abolir le droit de propriété sur tous les animaux.»

Pour les actions musclées
Le professeur honoraire estime que des organisations jusqu'au-boutistes, comme l'ALF, le Front de libération animale, qui soutient l'action directe, ne sont pas condamnables a priori. Au contraire, l'homme de lettres écrit actuellement un livre sur les différentes tactiques de l'ALF en Grande-Bretagne, en Autriche et en Suisse. «L'histoire récente du mouvement prouve que l'action directe peut s'avérer très efficace.» Klaus Petrus affirme n'avoir toutefois jamais participé directement à une action illégale. Mais il n'exclut pas que ce type d'action puisse être «le seul moyen de faire pression sur l'industrie animale».

SOS Chats reste prudent
«Klaus Petrus va parfois trop loin.» Tomi Tomek, de SOS Chats à Noiraigue (NE), ne partage pas toutes les options du professeur bernois. «Nous n'abusons pas du droit des animaux, au contraire nous recueillons des chats qui sont des victimes.» Quant aux actions de «libération» menées par des groupes de défense des animaux jusqu'au-boutistes, elle ne les accepte pas toutes sans broncher. «Libérer des poules en batterie et les placer dans des jardins, chez des défenseurs des animaux, comme ce fut le cas en Autriche, pourquoi pas? Mais lâcher des visons qui finalement se font écraser sur l'autoroute ou perturbent l'écosystème, je ne cautionne pas ce type d'action.» Reste que celle qui mène la lutte contre la commercialisation des peaux de chats avoue partager de nombreux points communs avec Klaus Petrus. «Comme lui, je suis végétarienne et je serai bientôt végétalienne. Et je m'oppose à l'élevage expérimental, comme celui des chats de race dont on cherche à diminuer la grandeur du nez.»

«Les chiens guides sont en bonne santé»
«Les propos de Klaus Petrus m'ont fait mal.» Christine Baroni, la directrice de l'Ecole romande de chiens guides d'aveugles à Brenles (VD), ne cache pas son émotion. «Comparer la situation des chiens guides avec celle des esclaves: je ne peux que l'inviter à venir se rendre compte par lui-même de notre travail.» L'école travaille avec des labradors, réputés affectueux. «Un chien qui travaille est en bien meilleure santé mentale qu'un autre qui s'ennuie à la maison et attend le retour de son maître.» Pour la directrice, seuls les chiens qui aiment leur métier de guide sont aptes à diriger des aveugles. «La moitié seulement des labradors que nous formons sont finalement prêts à accompagner un handicapé de la vue.» Une formation qui dure deux ans et demi. Mais l'animal aura aussi droit à sa portion de liberté, sans laisse, pendant la journée. «Nous les préparons à revenir à
l'appel de leur maître au cours de la promenade.» Aujourd'hui, la Suisse compte 400 chiens guides alors que le nombre de handicapés de la vue se monte à 80 000. «Les chiens guides sont reconnus d'utilité publique et ils sont contrôlés par des inspecteurs de l'AI.»

ÉDITORIAL: Molosse à mettre en laisse! Peter Rothenbühler Rédacteur en chef
Il n'est pas fou, le professeur Klaus Petrus. Mais un peu dangereux. Il a raison de dire que la libération des animaux sera le mouvement social de ce siècle. La sensibilité pour la «cause animale» est forte parmi la population. Les conditions de vie de certains animaux d'élevage sont encore et toujours un véritable scandale. Le reportage vu hier à la télévision sur la vie des lapins d'élevage (dans nos pays voisins) provoque des haut-le-coeur. Une chose est sûre: si l'humiliation gratuite des animaux par l'industrie alimentaire perdure, le mouvement va se radicaliser. Un jusqu'au-boutisme naîtra dont le professeur bernois est la meilleure - et inquiétante - illustration. Il est dangereux, ce professeur, parce qu'il va beaucoup trop loin, parce qu'il utilise son autorité de professeur de philosophie (!) pour défendre des thèses qui encouragent les militants du Front de libération des animaux (FLA) à passer aux actes, illégaux et criminels. Klaus Petrus déclare que nous devons tous nous séparer de nos chats et de nos chiens. Au nom d'une liberté de l'animal plutôt difficile à concevoir, surtout dans le cas des chiens: a-t-il déjà vu ces pauvres chiens errants de Bucarest et d'Istanbul, notre professeur?
Ce qui inquiète, c'est que son université n'a aucune envie de le museler. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que la cause des ultras a encore gagné du terrain. Du terrain académique en plus. Et que nous risquons d'assister bientôt à la première libération musclée d'un chien d'aveugle en pleine ville. Au nom d'un professeur d'université de Berne! On met bien en laisse les molosses qui mordent, pourquoi pas un professeur qui déraille?
Klaus Petrus enseigne la philosophie et passe ses loisirs à défendre les organisations de défense des animaux. Mais ses positions en la matière laissent pantois de nombreux défenseurs de la cause animale.

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